- La table libanaise se vit en mezzé : dizaines de petits plats chauds et froids à partager.
- Herbes fraîches, citron, huile d’olive, sésame et grenade font l’identité des saveurs.
- Grillades, pains plats et pâtisseries complètent un repas qui s’étire.
- Les manoucheh et les falafels fournissent des repas rapides très populaires.
Que manger au Liban ? Une cuisine du partage par excellence, où l’on dresse la table de dizaines de petits plats avant même d’évoquer le plat principal. Herbes fraîches, citron, huile d’olive, sésame, grenade, pois chiches et agneau grillé composent une gastronomie lumineuse et accueillante. Voici un parcours pour comprendre le mezzé, les grillades, le pain et les douceurs, et pour choisir comment manger sur place.
Le mezzé, art de la table qui déborde
Le mezzé n’est pas une entrée : c’est un repas en soi. Il commence par des plats froids : houmous (pois chiches, tahini, citron), moutabal ou baba ghanouj (aubergine fumée), labneh (yaourt égoutté à l’huile d’olive), taboulé (persil haché, tomate, boulgour, citron) et fattouche (salade de légumes et de pain grillé relevée de sumac). Viennent ensuite des plats chauds : kebbé (boulettes de blé concassé farcies de viande), sambousek, fatayer, cœurs de volaille citronnés, légumes sautés, fromage grillé.
Le principe est simple, et il n’y a pas d’ordre strict : commander largement, picorer avec du pain, prendre son temps. Pour quatre à six personnes, une douzaine de plats peuvent suffire pour un repas complet. Ne commandez pas tout d’un coup : le rythme naturel consiste à lancer les plats froids, à ajouter deux ou trois plats chauds, puis à décider de la suite selon l’appétit. Les herbes et les légumes crus (menthe, radis, concombre, olives, pickles) arrivent souvent sans qu’on les demande.
Grillades, plats mijotés et classiques familiaux
Après les plats froids, place aux grillades : shish taouk (poulet mariné au yaourt et à l’ail), kafta (viande hachée épicée), agneau et brochettes, souvent servis avec de l’ail pilé, des oignons au sumac et des légumes grillés. Le shawarma, viande cuite à la broche, enroulée dans du pain avec crudités et sauces, est un repas rapide plébiscité.
À la maison, on prépare aussi des plats mijotés : mloukhiyé (feuilles de corète en ragoût), fasolia (haricots à la tomate), kebbé bil laban, mjadra (lentilles et riz aux oignons caramélisés) ou les warak enab, feuilles de vigne farcies. Beaucoup de ces plats sont végétariens ; vérifiez le bouillon. Les poissons, grillés entiers ou en sayyadieh (riz aux oignons caramélisés et poisson), se dégustent surtout sur la côte. Dans les montagnes, les tables proposent aussi des fromages de chèvre, des viandes cuites au feu de bois et des légumes de potager, servis en grande quantité, que l’on prend à plusieurs.
Manoucheh, falafels et repas sur le pouce
Le matin, le manoucheh (pain plat cuit au four garni de zaatar, d’huile d’olive, de fromage ou de viande) est le petit-déjeuner par excellence, à manger chaud, plié, parfois avec concombre, menthe et olives. Le falafel (croquettes de pois chiches ou de fèves) se glisse dans un pain avec tahini, cornichons et salade. Le sandwich de foie, de langue ou de kafta, très populaire, se déguste dans des échoppes spécialisées.
- Le zaatar est un mélange de thym, sumac et sésame ; demandez-le en bocal pour le rapporter, c’est un souvenir comestible apprécié.
- Le pain libanais, fin et souple, sert de couvert pour prendre houmous et salades.
- Les jus pressés et les smoothies de fruits avec noix, miel et crème sont une institution.
Boissons : arak, vin et café
L’arak, alcool anisé, se dilue avec de l’eau fraîche et des glaçons, devenant laiteux ; il accompagne les mezzés et se boit lentement. Le Liban a aussi une tradition viticole ancienne, notamment dans la plaine de la Bekaa. Les bières locales complètent la palette. L’alcool se consomme avec modération et n’est pas servi partout.
Le service est généreux et les assiettes se renouvellent sans cesse : la table n’est jamais vide, et c’est le signe d’un accueil réussi. Le café libanais, épais et parfumé, parfois à la cardamome, est servi dans de petites tasses, avec la mouture au fond. On le laisse reposer avant de boire. Il se déguste généralement après le repas, pour clôturer en douceur. En été, les limonades à la menthe, le jallab (boisson au raisin sec et à la datte) et l’eau de fleur d’oranger sucrée proposent des alternatives sans alcool, très rafraîchissantes.
Pâtisseries, fruits et douceurs
Le repas se finit avec des fruits de saison, parfois servis en grande assiette (pastèque, figues, raisins, abricots, pommes), puis de la pâtisserie. La baklawa aux pistaches et au sirop, le knafeh (fromage chaud, semoule et sirop de fleur d’oranger), les maamoul fourrés de dattes ou de noix, le riz au lait parfumé à l’eau de fleur d’oranger et la glace à la crème épaisse de type « booza » séduisent les gourmands.
Les pâtisseries se vendent au poids : demandez le prix avant de composer une boîte, et goûtez-en plusieurs pour comparer. Offrir une boîte à vos hôtes est un geste très apprécié. Pour un souvenir plus durable, rapportez de l’huile d’olive, des herbes séchées, du zaatar, du sumac, de la mélasse de grenade et des fruits secs, que l’on trouve dans les épiceries et marchés. Choisissez des produits emballés pour le voyage, et vérifiez les règles de transport de votre compagnie.
Repères pratiques et prolongements
Les repas sont souvent tardifs, longs et animés ; réservez à l’avance pour les groupes, surtout le week-end et lors des fêtes, quand les familles se retrouvent à table. L’hospitalité est un art : on vous resservira avec insistance, refuser demande un peu de diplomatie. Pour les régimes particuliers, la cuisine libanaise est riche en plats végétariens, mais certains contiennent de la viande ou des fruits à coque (pignons, noix, pistaches) ; signalez vos allergies et demandez conseil à un professionnel de santé.
Pour élargir votre horizon, poursuivez avec les saveurs mexicaines du maïs et des piments, une cuisine de la rue et du marché tout aussi chaleureuse. Et si l’idée d’un repas à partager vous séduit, revenez en Europe avec les tables d’Italie et leurs pâtes, du Nord au Sud, où la convivialité compte autant que dans un mezzé.
Pour replacer le Liban dans un panorama plus large, consultez notre guide pour savoir quoi manger selon la destination. Réservez un cours de cuisine, une dégustation de mezzés ou un parcours gourmand : c’est une manière idéale de comprendre l’équilibre des saveurs. Au marché, repérez les étals d’épices, de fruits secs et de pains tout juste sortis du four : une bonne entrée en matière avant de s’attabler.
FAQ
Qu’est-ce qu’un mezzé libanais ?
C’est une série de petits plats chauds et froids servis à partager, avec du pain. Il peut constituer un repas complet et non une simple entrée. Il commence par les plats froids, comme le houmous ou le taboulé, puis viennent les plats chauds, sans ordre strict : l’idée est de commander largement et de prendre son temps.
Que manger au petit-déjeuner au Liban ?
Le manoucheh, pain plat cuit au four garni de zaatar, d’huile d’olive ou de fromage, est le petit-déjeuner par excellence, à manger chaud et plié. Vous pouvez l’accompagner de labneh, d’œufs, d’olives et de légumes frais avec du thé ou du café. Les jus pressés sont aussi une institution.
La cuisine libanaise est-elle adaptée aux végétariens ?
Oui, de nombreux plats sont végétariens (houmous, taboulé, fattouche, falafel, mjadra), mais vérifiez les bouillons et les farces auprès de l’établissement. Certains plats contiennent de la viande ou des fruits à coque comme les pignons, les noix ou les pistaches : signalez vos allergies et demandez conseil à un professionnel de santé.
Comment boire l’arak ?
Il se mélange à de l’eau fraîche et à des glaçons, ce qui le rend laiteux, et se déguste lentement avec les mezzés. C’est un alcool anisé : il se consomme avec modération et n’est pas servi partout. En été, des alternatives sans alcool, comme les limonades à la menthe ou le jallab, sont très rafraîchissantes.
Combien de plats commander pour un mezzé ?
Pour quatre à six personnes, une douzaine de plats peuvent suffire pour un repas complet. Ne commandez pas tout d’un coup : lancez les plats froids, ajoutez deux ou trois plats chauds, puis décidez de la suite selon l’appétit. Le service est généreux et les assiettes se renouvellent sans cesse, signe d’un accueil réussi.
Que rapporter du Liban comme souvenirs gourmands ?
Vous pouvez rapporter du zaatar, mélange de thym, de sumac et de sésame, ainsi que de l’huile d’olive, des herbes séchées, du sumac, de la mélasse de grenade et des fruits secs, que l’on trouve dans les épiceries et marchés. Choisissez des produits emballés pour le voyage et vérifiez les règles de transport de votre compagnie.

